Entretien

« Fail fast, fail often » cette célèbre devise des pensionnaires de la Silicon Valley revient à dire que celui « qui ne se plante pas, ne pousse jamais ». Et pourtant, en France, « échouer » continue de garder une image négative, comme quelque chose qu’il faudrait absolument éviter, voire omettre de son CV. Alors comment faire si on vous demande d’en parler ? 

 

Imaginez la scène : après 25 minutes d’attente dans un immense hall de la Défense, vous entrez dans le bureau de votre recruteur, et après 30 min où vous gérez comme un chef, vous entendez, « avant de clôturer cet entretien, j’ai une dernière question : selon vous, quel a été votre pire échec ? »


Et là c’est la page blanche, vous sentez votre cerveau se vider, encéphalogramme plat, game over. L’échec. Cette espèce de grand gouffre, un peu honteux qu’on a tous connu au moins une fois dans notre vie et dans lequel on vous demande de vous replonger, là comme ça, alors que vous faites tout pour briller depuis une demi-heure, devant votre interlocuteur.


Faut-il être honnête et avouer que votre expérience entrepreneuriale s’est finie plus vite que prévu, car votre père voulait récupérer le garage qui vous servait de siège social ? Ou est-il préférable de prétexter que la maladie s’est abattue sur vous, au moment même où les millions allaient se mettre à affluer ?


Pour répondre à cette question, reprenons les choses dans l’ordre :

 

  • Qu’est-ce qu’un échec ?

Un échec est d’abord une croyance, que vous décidez, ou non d’intégrer comme tel. En d’autres termes, l’échec n’est une chose terrible que si vous le souhaitez.  Car en réalité, dans la vie de tous Les jours, l’échec n’existe pas. Il n’y a que des « évènements » ou des « situations » qui nous arrivent, d’une manière différente parfois, à ce que nous avions imaginé.

 

  • Comment l’affronter ?

Cette confrontation – parfois brutale – avec une réalité que vous n’aviez pas envisagée peut être gérée de deux façons:

  • soit vous accueillez cette situation avec bienveillance et vous rebondissez; dans ce cas l’expérience sera bénéfique, car elle vous aura permis d’apprendre et de progresser.
  • soit cet événement vous déstabilise et vous pousse à vous morfondre ; à ce moment-là vous n’arrivez plus à tirer aucune utilité de cette expérience, si ce n’est un sentiment terrible de culpabilité.

La vie étant constellée d’imprévus, l’objectif est donc d’intégrer le plus vite possible l’importance de ces « rebonds positifs », qui vous permettront de grandir et d’avancer dans toutes les sphères de votre vie.

 

  • Pourquoi en a-t-on aussi peur ?

Quel que soit le challenge qui vous attend, l’échec est une peur humaine universelle qui peut paralyser. « Est-ce que j’y arriverai ? » « Est-ce que j’ai assez révisé ? » « Est-ce que j’ai assez d’expérience pour postuler ? » sont des interrogations par lesquelles, la plupart d’entre nous se sont déjà senti harcelé.

Ces inquiétudes sont naturelles car elles sont intimement liées au fonctionnement primaire de notre cerveau : afin de perpétuer l’espèce humaine, notre cerveau limbique nous aide, depuis des milliers d’années à prendre la décision de fuir face à un danger. Pas étonnant que devant un événement stressant comme un entretien, ou une compétition, on ait naturellement envie de s’évader.


Alors que faire pour se libérer de ces angoisses ? Eh bien c’est à ce moment-là que votre expérience personnelle rentre en ligne de compte : rappelez-vous les longues heures passées à apprendre à lire, à écrire, à nager, ou à faire du vélo. Tous ces moments étaient ponctués de « mini-échecs » : vous faisiez des fautes, vous tombiez, vous vous êtes peut-être même fait très mal…et pourtant : vous avez su brillamment surmonter toutes ces difficultés qui vous ont permis de mettre en place un processus d’apprentissage et de devenir la personne que vous êtes aujourd’hui. Car oui : l’échec est à la base de tout apprentissage.

 

  • Quel est l’objectif de cette interrogation pour votre recruteur ?

Le point crucial de cet exercice n’est pas de faire croire à votre recruteur que vous n’avez jamais connu de « coups durs », mais bien de raconter une anecdote sincère, qui laisse transparaître vos compétences et met en valeur votre capacité à rebondir après une difficulté. Cette question lui permet également de voir que vous avez préparé votre entretien et qu’il ne suffit pas d’une question un peu « embarrassante » pour vous désarmer.

 

  • Comment choisir « la » bonne histoire à raconter ?
  1. Misez sur la réalité : votre interlocuteur a l’habitude, et dans cette situation-là, les mythos sont vite repérés.
  2. …Mais pas trop quand même : votre recruteur n’a pas besoin de savoir que vous avez trébuché de la scène lors de votre remise de diplôme, ou que vous avez divulgué, par erreur, des infos confidentielles à un client lors de votre stage.
  3. Choisissez des vrais échecs : oubliez les complexes de supériorité du type « toute ma famille a un bac+5, moi je me suis arrêté à un bac+4 donc je pense être le plus gros loser de l’Education Nationale. » Prenez le temps de vous remémorer un moment qui a représenté un vrai challenge pour vous.
  4. Travaillez particulièrement votre « Happy End » : qu’est-ce que la conclusion de votre histoire révèle de votre personnalité ? Avez-vous appris quelque chose, en termes de savoir-faire ou de savoir-être, qui pourrait être utile dans votre future expérience ? Si vous ne pouvez pas répondre positivement à cette question, c’est que ce n’est pas une bonne histoire…Recommencez ! 

 

  • Comment structurer tout cela à l’oral ?
  1. Introduisez votre histoire en présentant rapidement le contexte à votre interlocuteur ;
  2. Rajoutez des détails autour de l’action qui s’est déroulée, en complétant avec votre analyse ;
  3. Racontez votre « happy ending » en mettant en avant ce que vous avez retiré personnellement de cette situation.


En bâtissant votre histoire sur ces trois étapes, vous arriverez à transmettre avec clarté et maturité
n’importe quelle expérience qui vous sera arrivée ;)


Bons entretiens à tous !

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